Jeunesse africaine vs Emploi : les tourments d'une génération

Vous êtes-vous déjà réveillé dans la nuit et vous vous êtes mis à réfléchir sur votre vie ? Vous avez cherché un sens à votre vie et vous vous êtes demandé à quoi tout cela rime ?

La vie que vous menez n’est pas celle que vous imaginiez étant plus jeune. En même temps, vous vous demandez si ce n’est pas juste un caprice de votre part. D’autres y arrivent alors pourquoi pas vous ? Vos parents ont supporté pire vous dîtes-vous, alors vous vous devez de faire mieux. Vous devez résister. Vous devez être à la hauteur, être exemplaire quoiqu’il vous en coûte.

Le temps passe et vous vous isolez intérieurement. Vous pouvez relever le défi, mais vous n’acceptez pas tous ces sacrifices. Quels sacrifices ? Les journées qui commencent à 5h du matin pour arriver au bureau à 9h et vous prendre des réflexions. Les réflexions d’un collègue ou d’un Manager lui-même rongé par la vie. La violence des passagers des transports en commun ou même des automobilistes. Les déjeuners pris sur le pouce à base d’un sandwich à 6,50€ et d’une boisson à 2,50€ qui ne suffiront pas à vous faire récupérer ces heures de sommeil en moins. Les moments en famille qui deviennent rares à mesure que vous enchaînez les journées métro-boulot-dodo. Peu à peu vous vous éloignez de vos proches et même de ceux avec qui vous vivez au quotidien. Il suffit ! Vous refusez de continuer ainsi vous dîtes-vous en pleine nuit, la lumière éteinte et les volets fermés. Et pourtant bientôt, le soleil se lèvera et sur votre vie, ses droits la routine reprendra.

Comment se sortir de ce cercle vicieux ? Changer de travail ? Vous ne ferez que déplacer le problème d’une entreprise à une autre. Quitter votre travail ? Oui et après ? Il faudra renoncer à cette vie, ce logement, cette voiture et ce salaire ? Comment payer les charges ? Impossible vous dîtes-vous. Il vous faut au préalable une autre source fiable de revenus.

Vous refusez de quitter votre emploi et entretenez votre malheur. La vie n’offre pas de sas de transition d’une vie à une autre. Vous devez choisir. Contrairement à ce que vous pouvez penser de manière raisonnable, non, vous n’irez pas mieux en prenant le temps d’économiser avant de changer de vie. Le travail salarié que vous avez est pensé pour vous faire gagner juste ce qu’il faut pour vous rendre dépendant de ce travail. Le salaire gagné est aussi tôt dépensé en loyer, nourriture, transport, impôts et factures. Le mois suivant, le cycle recommence et vous ne faîtes qu’entretenir cette vie. Le peu d’économie réalisable ne suffit pas à changer de vie en un mois ou deux. Il faut une vie pour le faire. Il faut compter dix, vingt ou trente ans. Après tant d’années vos rêves auront cessé, vos forces disparu et vos proches peut-être aussi.

Vous avez peur du vide. Vous avez peur du K.O. Vous avez peur de décevoir. Vous avez peur de vous décevoir. Vous avez peur de ne pas y arriver. Vous avez peur d’être heureux et de renoncer à cette vie qui vous rend malheureux. Vous avez tout simplement peur.

Vous avez peur parce que vous vous sentez ou vous imaginez seul. Pourtant, vous ne l’êtes pas. Comme vous, des millions d’autres personnes vivent la même chose. Votre situation n’est pas singulière. Certains en sont déjà sortis. Vous les avez comme modèles et comme supports. Autour de vous des proches vivent la même douleur. Vous pouvez en parler entre vous et vous rendre solidaires les uns des autres. Vous n’êtes pas seul. De plus, Dieu est avec vous. Vous devez vous jeter dans le vide avec la foi. Dieu vous soutient et vous protège car il vous aime et vous a donné la vie. Depuis le premier jour il est avec vous et le sera jusqu’au dernier en toute circonstance. Vous n’êtes pas seul.

Vous avez peur car vous ne savez pas comment faire, ni quoi faire. Que faire pour changer de vie ? Que faire pour vivre ? Personne ne vous enseigne comment vivre. Vous suivez juste un parcours scolaire qui doit déboucher sur un métier autour duquel vous construisez des choses. C’est cet ensemble de choses que vous appelez « vie ».

Aujourd’hui vous réalisez enfin que ce n’est pas « votre vie ». Ce n’est pas la manière dont vous vous imaginiez vivre. Personne ne vous a jamais enseigné comment vivre votre vie. Il y a pourtant des personnes qui vivent leur vie et d’autres mêmes qui vivent leurs rêves. Pourquoi donc pas vous ?

Il faut vous inspirer de leur parcours et construire le vôtre. Parlez, interrogez votre entourage. Comment fait-on pour vivre ? Comment faire pour quitter mon emploi ? Comment faire pour payer mes factures ? Comment faire pour gagner ma vie ? Comment faire pour renoncer à mes habitudes, ces habitudes qui entretiennent mon malheur, mon malaise ? Vous trouverez les réponses car souvenez-vous que vous n’êtes pas seul.

Vous le savez à présent, vous n’êtes pas seul et vous savez quoi faire. Il ne vous reste plus qu’à décider.

Si vous êtes dans un emploi stable dans une belle entreprise et que cela force le respect de votre entourage, ils seront tentés de vous dissuader d’être heureux. Ils souffleront sur les braises de vos peurs pour les raviver. Tenez bon ! Vous vous êtes entêté à avoir un diplôme de malheur avec leur consentement. Ce diplôme vous a demandé des sacrifices qui vous ont conduit à une vie de sacrifices qui eux-mêmes vous conduisent pas à pas vers le bord du gouffre. Ce diplôme a eu le mérite de développer vos connaissances, compétences et votre bon sens. Vous avez compris que ce qui compte c’est le parcours et pas l’issue. Aujourd’hui donc, entêtez-vous à vouloir être heureux, à vouloir vivre votre vie, celle que vous imaginiez plus jeune et plus celle qui n’est que la conséquence tragique de malheureux sacrifices.