Afropreneuriat : Les enjeux de la bonne gouvernance

Est-ce que les afropreneurs sont prêts à gouverner une entreprise ?

Il est très facile d’entreprendre puisqu’il suffit d’une idée et de la dose de courage nécessaire pour la mettre en application. Tout le monde peut entreprendre au sens que, tout le monde peut avoir une idée, un projet et le proposer à autrui contre une compensation financière. Une fois l’idée proposée et l’adhésion des clients obtenue, comment pérenniser son offre et assurer le fonctionnement opérationnel et durable de son organisation ? Tout le monde n’a pas la compétence pour gérer et faire vivre une organisation. A l’heure où la jeunesse africaine, les responsables politiques et les acteurs économiques souhaitent s’appuyer sur l’afropreneuriat pour résoudre le problème de chômage qui frappe 60% des jeunes africains, nous devons nous poser la question de la bonne gouvernance.

La bonne gouvernance représente un haut niveau de qualité de management d’une organisation qui conduit inévitablement au succès soutenu de celle-ci.

Google, Apple, Facebook et Amazon, les « GAFA » comme nous les appelons en société, ont bâti leur succès sur une idée ingénieuse combinée à une gestion de premier ordre qui assure continuellement leur réussite. Autour de leurs créateurs s’additionnent des experts performants dans leur domaine d’activité. Dans le cas de Facebook par exemple, Marc Zuckerberg, le fondateur du réseau social est épaulé par Sheryl Sandberg dans le rôle de Chief Operating Officer. Elle était auparavant VP des ventes en ligne et des opérations chez Google, mais aussi précédemment, Responsable d’équipes au département du Trésor des Etats-Unis. Outre Sheryl Sandberg, Marc Zuckerberg est également accompagné d’un Chief Financial Officer en la personne de Dave Wehner ainsi que de Mike Schroepfer dans le rôle de Chief Tehnology Officer. Marc Zuckerberg ne dirige donc pas seul le plus grand réseau social international qui rassemblait chaque mois en 2018 près de 2,27 milliards d’utilisateurs actifs (octobre 2018).

Grâce à ce management de qualité, Facebook qui employait 7 personnes en 2004 à ses débuts, en emploie aujourd’hui plus de 35000 (février 2019).

Puisqu’un des enjeux de l’afropreneuriat africain est la création d’emploi, il est primordial que les différents acteurs qui composent l’écosystème de l’afropreneuriat africain, accorde de l’importance à ce paramètre.

Le succès des afropreneurs passera par une bonne gouvernance de leur entreprise aussi petite soit-elle.

Les entrepreneurs qui se lancent doivent être formés à la gestion d’entreprise et aux différents domaines d’activités qui la composent et font son succès comme la Finance, le Marketing, les Ventes ou encore la Ressources Humaines. L’objectif n’est pas de leur apprendre à tout faire, mais de les sensibiliser à l’importance et à la contribution de chaque activité dans le succès économique et social d’une entreprise. Ainsi, ils seront plus enclins à intégrer ses activités dans leur démarche entrepreneuriale. En plus de ces activités, les afropreneurs doivent absolument recevoir une formation anti-corruption qui leur présentera les risques et les conséquences désastreuses de ce fléau non seulement pour eux en tant qu’individu, mais également pour leur entreprise et toute la société africaine. La bonne gouvernance passe aussi et surtout par là.

Parce que les actes parlent plus que les mots, nous soutenons chez KPGN Expertise la création d’un label qualité du management des entreprises africaines. Nous invitons les afropreneurs à le signer et à s’engager à le respecter. Nous invitons les responsables politiques et les différents acteurs économiques de cet écosystème à le supporter. L’engagement et le respect de ce label par un entrepreneur africain constituera pour les acteurs financiers, un gage de sécurité pour accepter de supporter financièrement un entrepreneur.

Le label que nous soutenons propose des exigences de management qui suivies, favorisent les conditions de performance économique des entreprises africaines. Il propose les exigences suivantes aux entrepreneurs signataires :

  • respecter les exigences du label et à se conformer à ses évolutions ;
  • se doter d’un organe de management composer d’au moins 3 membres ;
  • mettre en place des contre-pouvoirs de décision au sein du management de l’organisation ;
  • suivre une formation anti-corruption dispensée par un organisme agréé par l’Etat ;
  • suivre une formation sur le management d’entreprise dispensée par un organisme agréé par l’Etat ;
  • suivre une formation sur le marketing dispensée par un organisme agréé par l’Etat ;
  • s'entourer de collaborateurs (associé(e)s, partenaires ou salarié(e)s) ;
  • définir et piloter annuellement un budget annuel ;
  • facturer toutes leurs prestations et ne pas travailler gratuitement à quelque titre que ce soit ;
  • enregistrer toutes les recettes générées par leurs activités ;
  • établir un business plan ;
  • disposer d’un compte bancaire professionnel et d’un conseiller professionnel ;
  • déclarer leurs activités auprès des autorités désignées des pays dans lesquelles ils exercent leurs activités ;
  • déclarer les revenus générés par leurs activités ;
  • déclarer les collaborateurs qu’ils emploient, leur verser une rémunération mensuelle égale au minimum au revenu minimum fixé par la législation du pays dans lequel ils emploient ces collaborateurs, leur donner des congés payés annuels équivalents au minimum au volume prévu par la législation du pays dans lequel ils les emploient, leur fournir une mutuelle et cotiser pour eux auprès des autorités désignées du pays dans lequel ils les emploient ;
  • se consacrer à 100% à leurs activités entrepreneuriales et ne pas les cumuler avec une activité salariale s’ils ne disposent pas de collaborateurs à plein-temps avec qui partager la charge générée ;
  • désigner en leur sein, une personne en charge de l’activité de contrôle de gestion et de la comptabilité de l’organisation ;
  • se laisser auditer par les auditeurs du label autant de fois que nécessaire ;
Il existe déjà des labels de renoms auxquels nous pourrions inviter les entrepreneurs à souscrire. Ce n’est toutefois pas acceptable pour KPGN Expertise. Les africains doivent avoir leur propre démarche et inventer leurs propres référentielles. Nous voyons bien avec le système démocratique qu’il a du mal à s’insérer dans les sociétés africaines bien qu’elles en ont accepté le principe. Cela est principalement dû au fait que des hommes ont pensé qu’en imposant aux pays africains les préceptes occidentaux ils en feront des sociétés occidentales parfaites. Aussi, en ce qui concerne les principes économiques, même si les africains peuvent au final en arriver aux mêmes conclusions que les occidentaux, ils doivent avoir leur propre démarche car c’est le cheminement et ses enseignements qui ont de la valeur.