Afrique, Jeunesse, Chômage : Le piège de l'entrepreneuriat

Pourquoi est-il urgent que les afropreneurs se structurent et fonctionnent en entreprise ?

Même si cela semble être une mode voire une vanité pour certains de nos jours, l’entrepreneuriat représente pour la jeunesse africaine, une opportunité de se rendre utile pour elle, sa famille, son pays et son continent. Que ce soit en France ou en Afrique subsaharienne, les jeunes africains ont lancé le pari de l'afropreneuriat. Il est des pièges cependant, dans lesquels elle ne doit pas tomber.

Si nous avons évoqué le fait d’entreprendre comme une vanité pour certains c’est bien parce que c’est le cas. Certaines personnes entreprennent parce que c’est dans l’air du temps. Elles finissent leurs études, ne sont pas prêtes à entrer dans une entreprise et prendre des responsabilités, alors elles décident de créer une entreprise. C’est cool. Si le projet fonctionne tant mieux, sinon, tant pis, elles chercheront un job à ce moment-là ou feront le tour du monde pour se donner encore un peu de temps pour acquérir la maturité nécessaire.

A l’inverse d’autres entreprennent par nécessité d’exister ou pour se donner une raison d’exister. Les études sont terminées ou en voie de l’être et les interrogations sont nombreuses : vais-je trouver une entreprise à la hauteur de mes ambitions ? Comment travailler tout en me rendant utile pour ma communauté ? Pourquoi devrais-je travailler pour quelqu’un d’autre ? Comment m’épanouir dans mon travail ? Comment faire pour rembourser mes frais d’études ? Comment aider mes parents ?

La réponse à toutes ces questions est l'afropreneuriat. Cet entrepreneuriat-là est ringardisé. Il ne s’agit pas d’être snob et de ressembler aux entrepreneurs américains. Il s’agit simplement d’un réflexe de survie.

Avant de se lancer toutefois, il y a un fort sentiment de crainte. Est-ce que j’ai assez de cran et de compétences pour le faire ? Et si j’échoue, quel sera le regard des autres et vais-je pouvoir trouver un emploi derrière ? Où est-ce que je vais trouver les fonds pour lancer mon activité ? Comment entreprendre ? Ce n’était vraiment pas l’enseignement principal de mes études. Si la peur d’entreprendre est forte, l’envie et la nécessité de changer sa situation l’est encore plus. Alors finalement, elles se lancent.

En Afrique, les jeunes une fois les études terminées, n’ont pas d’emploi pour la très grande majorité. Si les parents n’ont pas un carnet d’adresse avec des personnes haut-placées, trouver un emploi devient un parcours du combattant que beaucoup ne veulent plus emprunter. Pour ne pas se laisser mourir, alors ils entreprennent. C’est cela le réflexe de survie.

La jeunesse africaine de France partage à quelques éléments de contexte près le même sort. C’est pourquoi elle aussi a décidé d’entreprendre. Parfois même, alors qu’un jeune africain de France est déjà employé dans une entreprise, il décide quand même d’entreprendre faute de perspective et de sens réel et partagé à la fonction qu’il occupe.

Parce qu’ils sont nombreux à entreprendre, ils sont aussi nombreux à avoir la même activité : confection de produits de mode, restauration, services à la personne et aux entreprises, coiffure, production de boisson et de produits alimentaires typiquement africains. Bien qu’appartenant à des groupes de soutien sur les réseaux sociaux, ils entreprennent seuls et de manière individualistes. Ils ont des problèmes à résoudre et ils veulent être eux-mêmes la solution à leurs problèmes. De même, ils ont refusé de travailler pour un employeur, alors il apparait difficile pour eux d’accepter l’idée de se réunir en groupe pour entreprendre ensemble et peut-être se retrouver sous les ordres d’une personne pas plus expérimentée qu’eux-mêmes.

Parce qu’ils ont les mêmes activités, ils se font concurrence et réduisent les chances de succès de tous. Seulement quelques-uns vont au final réussir à avoir une entreprise performante qui vit. La plupart devront bientôt affronter leurs démons des débuts.

Cependant, cet échec annoncé de la majorité des afropreneurs n’est pas une fatalité. La solution est simple : se constituer en entreprise performante et ne pas travailler seul. Chaque fois qu’un groupe d’entrepreneurs se réunit pour constituer une entreprise partagée, ils améliorent leurs propres chances de succès. Par leur succès, ils vont fonder cet idéal d’entreprise que tous cherchent à l’issue des études. De là, ils pourront employer ces autres jeunes tourmentés par l’idée de travailler dans une entreprise « traditionnelle » qui ne saura apporter les réponses à leurs besoins de se rendre utile pour leur communauté et de s’épanouir au travail.

Par ailleurs, une des problématiques des afropreneurs est d’employer des collaborateurs. Ils n’ont pas ou peu de budget alors ils ne peuvent pas le faire. C’est pourquoi, s’ils sont plusieurs à avoir le même projet et s’ils se mettent ensemble, ils résoudront leur problème de budget et de collaborateurs.

C’est parce que chez KPGN Expertise, nous avons compris cela que nous nous sommes constitués en entreprise à plusieurs et offrons nos expertises aux afropreneurs afin qu’ils se constituent eux aussi en entreprise afin que tous ensemble nous fassions gagner l’Afrique.